Exposition de peintures par Daniel Brindel

Cet hiver, les papiers de Daniel Brindel,  qualifiés par Luis Porquet de voluptueux crépitement de signes, ont investi le Palais Bénédictine de Fécamp, lieu prestigieux qui présenta Miro, Combas ou Warhol.

Aujourd’hui, Daniel Brindel revient à Villerville : le lien qui unit l’artiste à notre village est de l’ordre de l’intime ; il en aime cette lumière toute particulière et traversa  maintes fois le pont du Havre lorsqu’il fut l’invité de Serge Perkowsky qui tenait alors la Galerie Le Singe en hiver. Deux pastels de lui racontant La plage des Graves figurent en bonne place dans notre salle des mariages.

C’est bien à Serge Perkowsky, alors responsable du Centre d’art contemporain de Rouen, que nous devons d’avoir découvert  les travaux de Daniel Brindel, rappelle Luis Porquet. Attaché au papier, support « pauvre », et opérant fréquemment au sol, cet artiste constamment en recherche explore simultanément les ressources de la peinture, du collage et de l’écriture. […] Proche par l’esprit des peintres calligraphes lettrés d’Extrême-Orient, Brindel a su créer un langage aussi tonique que réjouissant. […] L’instant exulte ici dans toute sa force rayonnante et sa vibration spirituelle. Nous entrons dans une dimension libérée des contraintes matérielles. […] Son abstraction est le levier qui fait basculer l’émotion, écrivait à son propos Roger Balavoine. Revisitant ses sensations, ses perceptions fugitives, il élabore d’impressionnantes compositions où semblent s’immiscer le vent et la lumière. 

Evoquant son travail, Daniel Brindel nous dit accorder beaucoup d’intérêt à l’aléatoire : mon travail est ainsi un mélange d’improvisation et de réflexion pour tendre vers quelque chose un travail qui soit  plastiquement intéressant, et explique comment le rêve libre de la nuit se trouve amalgamé aux exigences que la raison du jour impose.

Ses formats monumentaux et ses objets-livres, plus intimes, complètent aujourd’hui une œuvre très partiellement présentée ici mais regardez bien : les déambulations réjouissantes de l’artiste sont là, perpétuelle reconstruction à partir de séquences de vie, d’émotions, d’images, le tout s’exprimant magistralement par le triomphe de la couleur : Son œuvre parle du monde. Plus celui-là est sombre, plus la couleur explose dans l’atelier de l’artiste. Voilà une peinture qui panse les plaies de l’homme du XXIème sièclepar la conversation et le questionnement qui la constituent.

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Salle des Mariages 14113,